J'étais jeudi, devant le lycée professionnel André Malraux de Béthune avec le syndicat "Action et Démocratie" pour dénoncer les 15 suppressions de postes annoncés pour la prochaine rentrée.
Vous trouverez ci-dessous l'article de la Voix Du Nord relatant cette manifestation :
Enterrement de l'enseignement professionnel au lycée Malraux
vendredi 03.02.2012, 05:07 - La Voix du Nord
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Midi et demi, hier au lycée Malraux. Enseignants et parents d'élèves ont sorti les thermos et les crêpes devant les grilles, et improvisé quelques déguisements pour bien fêter la chandeleur, à laquelle ils n'ont pas pu s'empêcher d'ajouter une touche d'Halloween. Enfin juste ce qu'il faut pour faire savoir leur mécontement après l'annonce de 15 suppressions de postes prévues pour la rentrée 2012.
PAR CÉLINE WLODARSKI
bethune@info-artois.fr
« " Nous ferons de l'enseignement professionnel une priorité du mandat." Nicolas Sarkozy » Cette promesse présidentielle, les représentants d'Action et Démocratie, syndicat des lycées (essentiellement) professionnels issu d'une scission en 2010, la ressortent du placard avec un certain plaisir. Ils s'en seraient pourtant bien passés. Sauf qu'une nouvelle fois, le lycée Malraux sera touché par des suppressions de postes à la rentrée prochaine, et pas qu'un peu : « Aux dernières nouvelles, 9 en enseignement général, 6 en professionnel », précise Michel Paillard, professeur au sein de l'établissement et représentant syndical à l'échelle départementale. Soit 15 au total, score qui dépasse celui de septembre dernier, qui était de 11. « Selon le Rectorat, le lycée pourrait avoir une quarantaine d'élèves en moins en septembre, relate le professeur, sceptique. Ce ne sont que des prévisions. Par ailleurs, les dotations globales horaires se répartissent en heures fixes et supplémentaires. Or, la proportion d'heures supplémentaires qui nous est réservée équivaut à 7 postes ! Il y a quelque chose d'incohérent. »Cet illogisme alimente d'autant plus les inquiétudes : « On sent que la motivation pour la voie professionnelle n'y est pas du tout, qu'il y a une volonté de la privatiser ou de la faire passer en apprentissage. Le problème, c'est que les entrepreneurs ne jouent pas toujours le jeu, que les jeunes sont souvent formatés pour des postes spécifiques ou petits, et qu'ils n'ont parfois aucune chance de trouver du travail ailleurs. » Le syndicat rappelle que ce sont 503 postes qui doivent être retirés aux LP de la région « afin de faire face aux pertes d'effectifs liées à la réforme du bac professionnel passé de 4 à 3 ans ».
Ce qui tracasse aussi les parents d'élèves, à court terme, c'est qu'une nouvelle dégradation de l'encadrement de leurs enfants est à prévoir. « Moins un élève va se sentir encadré, moins il sera bien et plus il sera tenté de sécher les cours, ou pire encore... », s'inquiète Jean-Pierre Gallet, un ancien membre de la section béthunoise de la FCPE. Béatrice Fauvergue, elle, est venue en tant que parent du lycée Allende qui, lui, n'est pas touché. « Du moins, pas pour l'instant. » Un conseil d'administration doit avoir lieu ce soir au lycée Malraux. Action Démocratie appelle au boycott et déposera une motion. Hervé Mayolle, secrétaire départemental de la FCPE et président du comité régional depuis novembre, indique que sa fédération « appelle à voter contre toutes les DGH » (dotations globales horaires). Et de nouvelles actions restent à prévoir. Cette fois peut-être plus soutenues par les élus, espéraient certains manifestants hier. Sous les pancartes, on n'a pu croiser que Daniel Boys. Le conseiller général Alain Delannoy, quant à lui, s'est fait représenter par son directeur de cabinet. •



