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mardi 19.04.2011, 05:05 - PAR ELSA LAMBERT-LIGIER - La Voix du Nord
L'État a donné son aval pour le financement du canal Seine-Nord. Daniel Boys s'en réjouit. Une révolution et un enjeu
majeur de développement pour l'agglomération. À condition qu'Artois Comm., la CCI, et la ville réfléchissent dès aujourd'hui au développement du port de Béthune, alerte l'ancien adjoint et
conseiller régional.
« Se réjouir, c'est bien mais il faut se donner les moyens de capter les retombées du canal Seine-Nord »,
prévient Daniel Boys. « Le canal Seine-Nord est un élément structurant majeur pour la région qui va compléter le réseau manquant entre l'Île-de-France et les pays du Nord. Un trafic
important va être généré. Si on est condamné à voir passer les péniches de la modernité sans en profiter, à quoi bon dépenser autant d'argent ? »
C'est pourquoi le président de l'association Aujourd'hui pour Béthune
demain prend les devants en demandant qu'une concertation se mette en place sans tarder. « La CCI a déjà beaucoup modernisé le port fluvial de Béthune mais il n'a pas une capacité de
traitement comme les autres grands ports.
» Béthune est en effet le plus petit des quatre principaux ports de la région : Dunkerque avec 2,3 millions de
tonnes par an, Lille avec 1,1 million, Valenciennes/Douai avec 0,93 et Béthune avec 0,5. Et si on compare avec Bruxelles, c'est encore pire puisque le port belge traite 23,7 millions de tonnes à
lui seul ! « On est des nains », commente sans ironie Daniel Boys.
« Le canal Seine-Nord va changer la donne. » L'ancien adjoint parle de 25 000 emplois générés par ce projet
à terme, dont 5 000 pour sa construction. « Il va redonner à la région son rôle : une zone importante d'échange. Béthune ne peut pas être à l'écart de cette révolution en cours. »
Daniel Boys a peur que Béthune se trouve dans la même situation que le Louvre-Lens. « Une formidable opportunité pour la région mais si on n'est pas prêt en même temps que tout le monde, les
touristes repartiront vers Lille, Bruxelles ou Londres. »
Là, ce seront les péniches qui ne s'arrêteront pas. L'ancien conseiller régional craint également un saupoudrage.
« Il existe d'autres secteurs le long du canal à grand gabarit. » Isbergues et Guarbecque notamment. « Il faut éviter de saupoudrer partout alors qu'on a besoin d'un grand port
fluvial. De plus, Béthune a déjà les infrastructures. »
Pourquoi s'y atteler maintenant ? « L'ouverture, c'est en 2015, c'est-à-dire demain. Il faudrait que le port de
Béthune fasse l'effort de chargeurs nouveaux. Ce doit être l'enjeu majeur du développement pour l'agglo. » Une agglo qui dispose d'un atout en la personne d'Alain Wacheux, président d'Artois
Comm., également vice-président transport à la Région. Il doit évidemment être associé au partenariat étroit qui doit se nouer avec la ville et la CCI pour réfléchir au développement du port de
Béthune.
Autres atouts de Béthune : le relèvement à 5,25 m des ponts sur le canal à grand gabarit pour le passage des
porte-conteneurs à deux niveaux vers Dunkerque et la position géographique « favorable », à mi-chemin entre Marquion et Dunkerque. Objectif : faire du port de Béthune une mini
plate-forme multimodale qui peut être raccordée à la rocade sud et aux voies ferrées.
Le barreau fluvial entre Lestrem et Béthune, réclamée par Stéphane Saint-André et le maire de Merville, Jacques
Parent, serait complémentaire. En plus d'être indispensable au développement de Roquette.
Daniel Boys avance un dernier argument. Après l'économie, l'écologie. « Le canal Seine-Nord, c'est 500 000
camions en moins sur les routes. Avec le renchérissement du coût du pétrole, le transport fluvial devient de plus en plus pertinent. » •